Se mettre bien en avion (2/2)

Se mettre bien en avion (2/2)

Cet article fait suite à la première partie du post « se mettre bien en avion » et tente de répondre à l’éternelle question: faut-il boire en avion ? (En partant du principe que vous n’êtes pas le pilote…).

Bravo, vous avez sécurisé un hublot au niveau des ailes, suffisamment loin des WC et des bébés. Vous êtes équipé et prêt au décollage. Reste une question essentielle à résoudre, que l’hôtesse ne tardera pas à vous poser une fois la phase d’ascension bien engagée : que voulez-vous boire ?

Si boire (de l’alcool s’entend) est indéniablement un moyen efficace de se mettre bien, il est de notoriété publique que cette activité à tendance à mettre mal le lendemain. Or, sur un vol de 12 heures, le « lendemain » peut signifier une heure trente après vous être endormi, et à peu près neuf heures avant l’atterrissage ( douze avant la première douche).

Pour faire simple, je dirais que l’intérêt de boire en avion décline avec la durée du vol. Mais comme on est ici pour se mettre bien, étudions la question dans les moindres détails.

1)      Les avantages de boire en avion

Commençons par énoncer une évidence : les effets de l’alcool sont décuplés en avion. Rapport à la pressurisation de la cabine. Vous serez donc saoul plus vite et plus fortement qu’au sol. Ce qui constitue un premier avantage, si on part du principe que vous avez décidé de boire sur votre vol.

Second point : l’alcool est (en général) dispensé gratuitement. Par exemple, sans demander d’extras, on vous servira volontiers : un apéritif, une boisson avec le repas, et un digestif (les cognacs d’Air France sont très corrects). Demander une seconde boisson lors du repas (un rouge pour accompagner votre fromage, ce délicieux carré de camembert président) garantit un certain état d’ébriété post repas. Idéal pour rire aux blagues de bon goût de la comédie américaine que vous avez décidé de lancer.

Troisième point : cela permet de passer un meilleur moment avec votre film ou vos compagnons de voyage. De célébrer le début des vacances par exemple. Et comme le temps passe plus vite en s’amusant, vous serez gagnant. Certaines personnes trouveront le sommeil plus facilement, d’autres qui ont tendance à stresser seront plus détendues. Les bénéfices ne sont pas négligeables.

Si vous avez accès au bar de l'air bus A380, la question ne se pose plus vraiment...
Si vous avez accès au bar de l’air bus A380, la question ne se pose plus vraiment…

Sur les vols court/moyen de type 2-3 heures, la cuite en vol peut s’avérer plus que payante. Vous arriverez à destination dans un état d’euphorie notoire, prêt à affronter les aléas de la douane, des services de bagages  et des transports dans la bonne humeur et avec le sourire. De quoi justifier l’achat d’une bouteille de vodka hors-taxes au steward de Ryanair avant de lui demander gentiment deux cannettes de coca. Sans oublier la glace.

Si, à l’inverse, les effets de votre cuite sont voués à se dissiper avant l’atterrissage, on entre dans une toute autre discussion :

 

2)      Les inconvénients

En plus de la qualité souvent discutable des boissons proposées, la spécificité de l’alcool en altitude ne s’arrête pas à la multiplication des effets positifs. La gueule de bois se trouve elle aussi amplifiée. Non seulement parce que vous êtes tout de même dans une cabine étroite, air conditionné et extrêmement bruyante, mais également parce qu’on se déshydrate beaucoup en avion.

Le mal de crâne associé à la gueule de bois étant directement lié à la déshydratation, préparez-vous à un réveil déplaisant fait de soif intense, bouche qui colle et mal de cheveux. Bien sûr, un remède simple et efficace consiste à boire beaucoup d’eau. Mais je vous rappelle que vous êtes assis au hublot, et que même si vous n’avez aucun scrupule à déranger les inconnus présents à vos côtés toutes les demi-heures, uriner en avion demande certains efforts. Comme de faire la queue devant la cabine, bousculer les hôtesses ou esquiver les câbles audio de vos voisins.

En plus de rendre la seconde partie du voyage potentiellement déplaisante, prendre une cuite (aussi petite soit-elle) laissera des traces en cas de décalage horaire. L’expérience montre que plus vous buvez en avion et moins vous serez frais à l’arrivée. Ce qui peut compromettre votre capacité d’ajustement au décalage horaire.

Conclusion : plus le vol est long et génère du décalage horaire et moins les bénéfices de la boisson (même avec modération) en avion outrepassent les inconvénients. A vous de voir où se situe votre point d’inflexion.

Boire ou conduire un avion ? Denzel Washington ne se pose pas la question (Extrait du film Flight)
Boire ou conduire un avion ? Denzel Washington ne se pose pas la question (Extrait du film Flight)

Que boire ?

Dans le cas où vous avez décidé de vous laisser tenter par les joies de l’ivresse en haute altitude, reste à savoir quoi boire.

Si vous avez accès au menu de la business classe, je serais tenté de répondre « tout est bon ». Surtout le vin, le champagne, les whisky écossais, le cognac et l’armagnac. En ce qui concerne la classe éco, une hiérarchisation s’impose :

La bière : est probablement le pire choix possible. En plus d’être servie en cannette* et d’être de piètre qualité à l’heure de l’avènement des craft beers , elle vous garantira un aller-retour aux toilettes. Or, réduire le nombre d’expéditions sanitaires constitue un prérequis à la bien mettance en avion.

Le vin : servi froid, il ne sera pas toujours très plaisant au palet. Evitez le rouge, à moins de tenir absolument à améliorer la dégustation de votre tranche de brie Président. Gardez à l’esprit qu’un vin de qualité discutable n’aide pas le mal de crâne post biturale.

Les spiritueux : Oui. Surtout les alcools blancs (rapport au mal de crâne). Du Gin ou de la Vodka avec de la Tonique et une rondelle de citron sur trois glaçons et vous voilà avec un cocktail fait maison. Singapour Airlines propose souvent leur Singapour Sling (mais si vous volez sur cette compagnie vous aurez l’embarras du choix pour vous mettre bien), et sinon le Bloody Mary reste un classique très prisé en vol, du fait de l’altération du palet (avec la pression de la cabine, vos papilles sont moins sensibles, ce qui rend le jus de tomate bien plus savoureux qu’un jus de fruit classique). Evitez les softs qui donnent soifs pour ménager votre vessie. Et n’oubliez pas de demander un cognac avec votre café.

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Astuces finales :

Pour se mettre vraiment bien en avion, certaines astuces d’initiés méritent d’être partagées :

1)      Apportez votre propre alcool : vous avez le droit à 200 ml de liquide au total et 50 ml par contenant (en général). Les mignonettes ou, plus simplement les fioles en plastique que vous remplirez avec la liqueur de votre choix sont là pour ça. Attention tout de même, le mot d’ordre est modération, modération !

2)      Apportez votre propre apéro : qui a dit que vous ne pouviez pas trinquer entre amis en dégustant un saucisson ?

3)      Demandez un menu végétarien : en plus d’éviter de contribuer au réchauffement climatique, à la déforestation, aux pillages des océans, à la violence inhérente à l’élevage intensif et un tas d’autres choses regrétables, votre plat végétarien sera servi avant le service normal. Une bonne astuce pour entamer le repas (et la sieste qui suit) en avance.

4)      Faites-vous surclasser. Depuis que les compagnies aériennes ont réalisé qu’elles pouvaient vendre les upgrade, il est rare de pouvoir bénéficier d’un surclassement gratuit. N’y comptez donc pas trop, mais restez à l’affût d’une opportunité bon marché !

Une réaction au sujet de « Se mettre bien en avion (2/2) »

  1. On peut aussi acheter une bouteille de 1L au Duty Free, une grosse bouteille d’eau et le problème des mignonettes et du désechement sont résolus !

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